Les graines que le feu fait germer | The seeds that fire germinates

Obstiné, un petit garçon cherche dans les éléments de la nature le remède à son incapacité de parler. Dans ses derniers instants de vie, un grand-père évoque les souvenirs olfactifs qu’il a gardés de sa petite-fille. Un guide de comportement féminin révèle pas à pas l’infaillible méthode pour rester attirante. La fête célébrant les 94 ans de la matriarche ne commence qu’une fois les bougies soufflées. Les graines que le feu fait germer peut être lu comme un petit inventaire d’histoires déconcertantes et d’une grande portée émotionnelle. Vivant entre un passé brumeux et un présent énigmatique, mais aussi entre la renonciation et la dévotion, les personnages nous poussent à nous interroger : jusqu’où une existence peut-elle résister au poids du désespoir et de la cruauté infligée ? La frustration, l’envie et le ressentiment servent-ils de moteur à l’acte créatif ou ne font-ils que nourrir des émotions destructrices ? Mais les textes d’entrée en fiction de Sumaya Lima ne s’appuient pas sur des réponses toutes faites fournies par l’intrigue. Son écriture, équilibrée sur un fil lyrique, ironique et séduisant, manie silences et voix dissonantes, valorise sous-textes et autres couches de significations que seule la poétique du corps, précédant le sujet, est capable d’atteindre.

Determined, a little boy seeks in the elements of nature a cure for his inability to speak. In his final moments of life, a grandfather recalls the olfactory memories he kept of his granddaughter. A guide to female behavior reveals the foolproof steps to remain attractive. The celebration for the matriarch’s 94th birthday only begins with the extinguishing of the candles. “The Seeds That Fire Germinates” can be read as a small inventory of disconcerting stories with extensive emotional reach. Living between a nebulous past and an enigmatic present, also between renunciation and devotion, the characters make us question: to what extent can an existence withstand the weight of abandonment and inflicted cruelty? Do frustration, envy, and resentment serve as driving forces for creation or merely fertilize destructive emotions? But Sumaya Lima’s debut texts in fiction do not rely on ready-made answers provided by the plot. Her writing, balanced on a lyrical, ironic, and seductive thread, handles silences and dissonant voices, values subtexts and other layers of meaning that only the poetics of the body, arriving before the subject, can reach.

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